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Nosara
En bref
- Nosara est le village yoga et surf de la péninsule de Nicoya, avec Playa Guiones dont la vague régulière casse sur du sable et pardonne aux débutants comme aux intermédiaires.
- Le rythme y est particulier : surf le matin, yoga en fin de journée, smoothies entre les deux, dans une ambiance wellness très internationale et pieds nus.
- Les routes sont volontairement laissées en terre pour filtrer la foule, ce qui préserve une nature intacte et rend le quatre-quatre bien utile en saison des pluies.
- C'est un endroit cher et un peu bulle, mais ressourçant, au coeur de la zone bleue de longévité de Nicoya, avec les tortues d'Ostional tout près.
À Nosara, on ne trouve pas la mer tout de suite. On roule d'abord un bon moment sur une piste rouge qui secoue la voiture, on lève un nuage de poussière derrière soi, on croise un panneau à moitié effacé, et puis la jungle s'ouvre sur une plage immense. Il était huit heures passées quand j'y suis arrivée pour la première fois, un matin de novembre, les cheveux déjà collés par le sel et la poussière mélangés. Des gens en tenue de yoga marchaient pieds nus avec leur natte roulée sous le bras. Une odeur de café et de mangue trop mûre traînait dans l'air. J'ai compris en dix minutes que cet endroit fonctionnait à son propre rythme, et que ce rythme allait me plaire.
Nosara n'est pas vraiment un village. C'est plutôt une constellation de maisons en bois dispersées dans la forêt, entre deux plages, reliées par des chemins de terre qu'on a décidé de ne pas goudronner. Ici on vient surfer le matin, faire du yoga en fin de journée, boire des smoothies verts entre les deux, et repartir plus calme qu'on est arrivé. C'est cher, c'est un peu une bulle, et pourtant je comprends très bien pourquoi tant de gens ne repartent jamais.
Playa Guiones, la vague qui pardonne
La plage principale, celle autour de laquelle tout gravite, s'appelle Playa Guiones. Une longue bande de sable clair qui s'étire à perte de vue, bordée de forêt, sans un seul immeuble en front de mer parce que la construction est interdite trop près de l'eau. Et une vague. Une vague régulière, généreuse, qui casse sur du sable et se reforme toute la journée. C'est exactement le genre de spot où on apprend à surfer sans se faire peur, et où on progresse vraiment.
J'ai passé une semaine à ramer là chaque matin, et c'est à Guiones que j'ai enfin enchaîné mes premières vraies vagues, pas des mousses, des vraies, avec la sensation de glisser au lieu de subir. La houle rentre presque toute l'année, ce qui fait qu'on trouve du surf à peu près quand on veut, avec des tailles qui montent et descendent selon les jours. Les débutants restent près du bord dans la mousse, les intermédiaires vont chercher le pic un peu plus loin, et tout ce petit monde cohabite sans se marcher dessus parce que la plage est longue. Pour comprendre où Nosara se situe parmi les autres spots du pays et à quelle période viser, j'avais lu ce guide du surf au Costa Rica avant de partir, et il m'a bien aidée à choisir mon niveau de vague.
Un détail qui compte : les écoles de surf de Nosara sont sérieuses, souvent tenues par des gens installés là depuis des années. Les cours coûtent plus cher qu'ailleurs sur la côte, comptez large, mais la qualité suit. Beaucoup fonctionnent en petits groupes, avec du matériel en bon état et des moniteurs qui restent dans l'eau avec vous. Si vous voulez vraiment démarrer ou passer un cap, c'est un endroit où l'investissement se sent dans la progression.
Yoga le matin, smoothie à midi, surf au coucher
Il y a un rythme à Nosara, et on l'attrape sans même s'en rendre compte. On se lève tôt, parce que le soleil se lève tôt et que les singes hurleurs font office de réveil que ça vous plaise ou non. Séance de surf ou séance de yoga selon l'humeur, parfois les deux. Petit-déjeuner dans un café en bois avec un bol de fruits et un smoothie d'un vert inquiétant. La chaleur monte vers midi, alors on s'abrite, on lit, on fait la sieste. Et en fin de journée, quand la lumière devient dorée, on retourne à l'eau ou sur un tapis.
Le yoga, ici, ce n'est pas un accessoire. C'est presque l'identité de l'endroit. Nosara est connue depuis des années pour ses centres et ses retraites, des studios ouverts sur la jungle où l'on entend les oiseaux pendant la relaxation finale. J'y suis allée sans grande conviction, un peu par curiosité, et je suis ressortie de ma première séance avec cette sensation bête et bonne d'avoir déposé quelque chose. On croise beaucoup de gens venus pour un stage de plusieurs semaines, des profs en formation, des voyageurs qui prolongent parce qu'ils s'y sentent bien. Ça donne une population particulière, assez internationale, plutôt douce, très bio et pieds nus.
Faut-il aimer tout ça pour apprécier Nosara ? Pas forcément. On peut très bien y venir juste pour le surf et la plage, ignorer les cours de méditation et les bars à jus, et passer un séjour formidable. Mais l'ambiance déteint. Au bout de trois jours, je me surprenais à parler moins fort et à me coucher plus tôt.
On arrive à Nosara avec le sel dans les cheveux et la poussière sur les mollets, et on repart en ayant oublié à quoi ressemblait le bruit d'une ville.Manon Estibal
Playa Pelada et les autres coins de sable
Guiones a beau être la star, ce n'est pas la seule plage. Juste au nord, Playa Pelada offre une tout autre ambiance. Plus petite, plus rocheuse, avec des mares laissées par la marée où barbotent des gamins et un blowhole qui crache l'eau quand la houle tape fort. C'est là que je suis allée voir le coucher de soleil presque tous les soirs, parce que c'est moins fréquenté et qu'il y a une soda les pieds dans le sable où l'on mange un casado en regardant le ciel virer. Moins de surfeurs, plus de familles ticas le week-end, une atmosphère tranquille que j'ai fini par préférer.
Entre les deux plages et un peu à l'intérieur, on trouve aussi le vieux Nosara, le vrai village, celui où vivent les Ticos, avec son terrain de foot, son église et son épicerie. Beaucoup de voyageurs ne s'y arrêtent jamais, ce qui est dommage, parce que c'est là que les prix redeviennent normaux et que l'on retrouve un Costa Rica moins mis en scène. Voici comment je résumerais les coins où poser sa serviette autour de Nosara.
| Plage ou coin | Niveau de surf | Ambiance |
|---|---|---|
| Playa Guiones | Débutant à intermédiaire, régulier | Cœur du surf, écoles, longue plage |
| Playa Pelada | Peu ou pas, baignade et mares | Calme, familial, couchers de soleil |
| Playa Nosara (embouchure) | Aléatoire, courants | Sauvage, mangrove, oiseaux |
| Vieux village de Nosara | Sans mer | Vie tica, prix normaux, authentique |
| Ostional (au nord) | Non conseillé, ponte | Refuge, arribadas de tortues |
Vers l'embouchure de la rivière Nosara, la plage devient plus sauvage, bordée de mangrove, et c'est un coin réputé pour observer les oiseaux au lever du jour. Je suis partie une fois en kayak dans la mangrove avec un guide du coin, et entre les singes, les crocodiles qu'on devine plus qu'on ne voit et les hérons immobiles, j'ai eu ma dose de nature préservée pour un moment.
Les pistes qu'on a choisi de ne pas asphalter
Parlons des routes, parce qu'elles racontent l'endroit. Autour de Nosara, presque tout est en terre. Des pistes rouges, poussiéreuses en saison sèche au point de repeindre les voitures en ocre, boueuses et défoncées à la saison des pluies. Et ce n'est pas un hasard ni un oubli des autorités. La communauté a longtemps refusé le goudron, précisément pour garder l'endroit difficile d'accès, filtrer la foule et préserver le calme. Certains trouvent ça snob, d'autres visionnaire. Moi j'ai juste galéré la première fois, avant de comprendre la logique.
Concrètement, ça veut dire qu'un quatre-quatre est très utile, surtout entre mai et novembre quand les pistes se creusent. J'ai vu des voitures de tourisme trop basses s'embourber à l'entrée d'un gué qui, une heure plus tôt, était sec. L'accès à Nosara depuis les grands axes se fait aussi par des tronçons cabossés, et les temps de trajet sont toujours plus longs que ce que dit l'application. On râle un peu, on avale de la poussière, et puis on se dit que c'est le prix à payer pour que la plage reste si vide.
Ce choix de rester à l'écart a une conséquence heureuse : la nature autour de Nosara est étonnamment intacte. Des zones de refuge protègent la faune, la forêt descend jusqu'au sable, et on entend les singes hurleurs bien plus souvent qu'on ne voit de bétonneuses. C'est rare sur cette partie du Guanacaste, où d'autres stations ont beaucoup construit. Nosara a tenu bon, à sa manière un peu à part.
Les tortues d'Ostional, tout près
À une poignée de kilomètres au nord de Nosara, sur une piste qui traverse une rivière à gué, se trouve Ostional. Une plage grise, longue, sans grand charme au premier regard, et pourtant l'un des sites de ponte les plus fous du pays. C'est là que se produisent les arribadas, ces arrivées massives où des milliers de tortues olivâtres sortent de l'eau en même temps, sur quelques nuits, pour venir pondre. Un spectacle que je n'oublierai pas, même si je préviens tout de suite que ce n'est ni propre ni photogénique au sens carte postale.
J'y suis allée un soir, avec un guide obligatoire, en respectant les règles strictes : pas de lampe blanche, pas de photo au flash, on reste derrière le guide et on ne touche à rien. Voir ces animaux préhistoriques ramper, creuser, pondre par centaines dans le noir, c'est une claque. Le phénomène dépend de la lune et des marées, donc impossible de le planifier au jour près, mais il revient plusieurs fois par an. Si le sujet vous intéresse, j'en raconte plus dans l'article dédié aux tortues du Costa Rica, avec les autres sites de ponte du pays et les périodes. Depuis Nosara, c'est vraiment l'excursion nature à ne pas manquer.
La zone bleue, ou pourquoi on vit vieux par ici
Il y a une chose qu'on entend souvent à Nosara, et qui n'est pas qu'un argument marketing : la péninsule de Nicoya est l'une des fameuses zones bleues de la planète, ces régions où les gens vivent particulièrement vieux et en bonne santé. Les scientifiques se sont penchés sur le cas des Ticos d'ici, sur leur alimentation simple à base de maïs, de haricots et de courge, leur eau riche en minéraux, leur activité physique naturelle et ce fameux plan de vida, cette raison de se lever le matin.
Je ne vais pas prétendre en tirer des leçons de santé, ce n'est pas mon rôle et pour tout ce qui touche au corps mieux vaut demander à un professionnel. Mais il y a quelque chose de contagieux dans ce coin. Voir de vieux campesinos actifs, encore à cheval à un âge avancé, ça donne à réfléchir. La bulle wellness de Nosara s'est en partie greffée là-dessus, sur une réalité ancienne et bien réelle du terroir de Nicoya.
Cher, un peu à part, et pourtant on y revient
Soyons honnêtes sur le budget. Nosara coûte cher, l'un des endroits les plus chers où j'aie posé mon sac au Costa Rica. La faute à son isolement qui renchérit tout ce qu'on fait venir, à une clientèle plutôt aisée d'expats et de voyageurs longue durée, et à cette économie du bien-être qui n'est pas donnée. Un smoothie, un cours de yoga, une nuit dans une jolie cabane en bois : tout est un cran au-dessus de la moyenne du pays. On peut limiter la casse en mangeant dans les sodas du vieux village et en logeant un peu à l'écart des plages, mais il faut le savoir avant de venir.
Et puis il y a ce côté bulle, que certains adorent et que d'autres trouvent un peu artificiel. Nosara ressemble parfois plus à une communauté internationale de surfeurs et de yogis qu'à un village costaricien. On parle beaucoup anglais, on paie en dollars, on croise plus de nomades numériques que de pêcheurs. Ça n'enlève rien au charme, mais si vous cherchez le Costa Rica rural et populaire, ce n'est pas ici que vous le trouverez au premier plan. Il faut aller le gratter un peu, du côté du terrain de foot et de l'épicerie.
Alors, combien de temps rester ? Trois ou quatre jours pour goûter au rythme, une semaine ou plus si vous accrochez et voulez vraiment progresser en surf ou faire une retraite. Beaucoup de voyageurs enchaînent ensuite vers d'autres plages de la péninsule. Plus au sud, Santa Teresa partage cet esprit surf et pistes poussiéreuses, en un peu plus jeune et festif. Et à mi-chemin, Samara offre une baie protégée bien plus abordable et familiale, parfaite pour souffler après la bulle de Nosara. Personnellement, j'ai fait les trois à la suite, et c'est un bel enchaînement pour comprendre toutes les nuances de cette côte. Nosara reste celle qui m'a le plus apaisée, celle où le calme n'est pas subi mais choisi.
Teste-toi
Pourquoi les routes autour de Nosara sont-elles laissées en terre ?
Questions fréquentes
Oui, Playa Guiones est l'un des meilleurs endroits du pays pour progresser. La vague casse sur du sable, elle est régulière et rentre presque toute l'année. Les débutants restent dans la mousse près du bord pendant que les intermédiaires vont chercher le pic un peu plus loin.
C'est fortement conseillé, surtout de mai à novembre quand les pistes en terre se creusent et que les gués se remplissent. J'ai vu des voitures basses s'embourber facilement. En pleine saison sèche une berline passe, mais lentement et dans la poussière.
Les arribadas, ces pontes massives de tortues olivâtres, se produisent plusieurs fois par an sur quelques nuits, en fonction de la lune et des marées. Impossible de les planifier au jour près. On y va avec un guide obligatoire, sans lampe ni flash, souvent entre juillet et décembre.
Les deux partagent l'esprit surf et les pistes poussiéreuses de Nicoya. Nosara penche plus wellness, yoga et calme, avec une clientèle un peu plus posée. Santa Teresa est plus jeune, plus festive et un cran plus animée le soir. Beaucoup enchaînent les deux.